Etude sous la direction d’une bio-éthicienne
Il n’y a pas eu de dérapage en Oregon et aux Pays-Bas
selon une recherche majeure de l’Université du Utah

Contrairement à ce que disent parfois les adversaires du droit de mourir dans la dignité par une aide médicale sur demande en certaines circonstances, une recherche sérieuse menée à l’Université du Utah a conclu que la légalisation de l’aide médicale au suicide en Oregon et la loi autorisant l’euthanasie aux Pays-Bas n.ont pas mené à un nombre disproportionné de décès chez les personnes âgées, les pauvres, les femmes, le minorités, les personnes sans assurance, les mineurs, les malades chroniques, les moins éduqués et les patients en psychiatrie.

Sur les dix groupes dits « vulnérables » étudiés dans l’étude, seules les personnes atteintes di sida ont eu recours au suicide médicalement assisté à un niveau élevé.

« Les craintes au sujet de l’impact auprès des personnes vulnérables ont dominé le débat sur le suicide médicalement assistée. Nous n’avons trouvé aucune preuve pour appuyer ces craintes là ou cette pratique est légale., déclare l’auteur de cette recherche, la bio-éthicienne Margaret Battin, qui est à l’Université du Utah professeur émérite de philosophie et professeur de médecine interne.

La recherche est publiée en octobre 2007 dans le Journal of Medical Ethics. Madame Battin était entourée de quatre spécialistes : Linda Ganzini, une psychiatre de l’Université des sciences de la santé de l’Oregon, à Portland, U.S.A., Agnes Van der Helde, de l’Ecole médicale Erasmus de Roterdam, du spécialiste en santé Bregje Onwuteka-Philipsen , d’un Centre médical universitaire d’Amsterdam, et Gerrit Van der Wal, inspecteur général des soins de santé des Pays-Bas qui conseille le ministre de la santé.

La question au centre de la recherche était l’argument de la « pente glissante » selon laquelle les personnes dites vulnérables mourraient en plus grand nombre qu’auparavant s’il était légal pour les médecins de les aider à mettre fin à leur vie. Cette crainte avait même été formulée par l’American College of physicians ( Collège américains des médecins) en 2005.

En Oregon, après neuf ans d’application de la loi sur le suicide médicalement assisté, 456 personnes avaient reçu une prescription létale et 292 l’avait utilisée. C’est 0.15 pour cent des décès en Oregon pendant cette période.

Dans les Pays-Bas, sur les 136,000 décès annuels, 1.7 pour cent sont le résultat d’une euthanasie volontaire active, 0.1 pour cent sont des suicides médicalement assistés, et 0.4 pour cent sont dits « extralégaus », parce que se sont des cas de personnes ayant déjà demandé l’euthanasie mais devenues incompétentes ou des cas où les souffrances sont jugées intolérables.

La recherche contient aussi plusieurs faits intéressants sur lesquels nous reviendrons dans une prochaine communication.