Un appui de l'honorable Claire l'Heureux-Dubé
Ex-juge de la Cour Suprême du Canada

Juge retraitée de la Cour Suprême du Canada, l'honorable Claire L'Heureux-Dubé a donné sans hésiter son appui à la fondation d'une association comme l'AQDMD (Association québécoise pour le droit de mourir dans la dignité) . Pour elle, cette question doit continuer à être débattue sur la place publique jusqu'à ce que le gouvernement prenne ses responsabilités et revise sa loi qui criminalise encore une aide médicale à une personne en situation de fin de vie avec souffrances intolérables dont on ne peut atténuer la douleur.

Rappelons que Madame L'Heureux-Dubé était une des quatre juges dissidents dans l'affaire Sue Rodriguez. C'est le 30 septembre 1993 que la Cour Suprême refusait à cette patiente atteinte de la maladie de Lou Gehrig (sclérose latérale amyotrophique) le droit de mettre fin à ses jours avec l'assistance d'un médecin. Quelques mois après ce jugement à cinq contre quatre, Sue Rodriguez a quand même mis fin à ses jours avec l'aide «illégale» d'un médecin anonyme qui ne fut jamais poursuivi.

A l'occasion d'une rencontre à Québec avec la députée Francine Lalonde et son conjoint, l'ex-journaliste Guy Lamarche, l'honorable Dubé en a profité pour suggérer quelques pistes de travaux pour l'AQDMD. Par exemple, elle ne souscrit pas à l'expression «suicide assisté». même s'il s'agit d'une demande expresse du malade, incapable de mettre lui-même fin à ses jours. «Je suis mal à l'aise qu'on parle de «suicide» dans le cas d'une personne qui n'a que quelques jours à vivre.»

Madame L'Heureux-Dubé préférerait qu'un dialogue s'établisse avec le monde des soins palliatifs afin de clarifier ce qu'on appelle dans le milieu médical un «protocole» qui peut abréger la vie mais dont l'objectif premier est le soulagement de la douleur en phase terminale. Selon elle, on est peut-être en face d'une forme d'euthanasie qui tait son nom, mais qui dispense malheureusement de pousser plus loin le débat.

Il faudrait un texte de loi clair, avec des balises nettes. Qui peut en finir avec la vie? Quand? Comment? Des critères connus ont déjà passé l'épreuve du temps dans les Pays-Bas et en Belgique. Les médecins impliqués doivent toujours avoir la conviction que la demande du patient est volontaire et réfléchie et ils sont soumis à des règles strictes.

Le principe demeure le suivant: tout être humain a le droit de mourir dignement.